« L’imposture de la modernité » de Jean-Pierre Tertrais

Jean-Pierre Tertrais : L’imposture de la modernité : Le « progrès » pour qui ? Du paysan… au paysan, 2017

Parce qu’elle a combattu avec un succès apparent le dogmatisme religieux, la superstition et l’ignorance, certains ont cru en la toute-puissance de la Raison. Dans l’élan, la science deviendra peu à peu un moyen d’administrer la société, au bénéfice des « experts ».

D »autres (artisans, ouvriers, paysans) ont tenté de s’opposer à l’accélération du temps, à la marche forcée du « progrès », aux promesses du productivisme qui ne seront pas tenues, et à l’effacement du sensible qui les accompagne ; ils ont été « neutralisés » non seulement par la coalition des pouvoirs (politique, économique, financier, militaire), mais aussi par beaucoup d’intellectuels ou de syndicalistes. Appât du profit, ivresse du pouvoir, fascination de l’objet, colonisation de l’imaginaire, règne du quantitatif… il fallait qu’adviennent, d’abord la société industrielle, ensuite la société de consommation de masse.

Le processus d’hominisation apparaît aujourd’hui comme une coupure avec la nature qui s’aggrave au fil du temps, et qui semble avoir évacué toute notion de limites. Ce grand plongeon dans la démesure se manifeste désormais par la marchandisation du vivant, un impact écologique désastreux, une extrême dépendance aux énergies fossiles, l’envahissement de la machine dans la vie quotidienne… et une civilisation qui ressemble fort à la barbarie qu’elle prétend avoir vaincue. Si l’émancipation de l’homme demeure le but à atteindre, la tâche à accomplir est propre à décourager.

Les générations futures ont-elles demandé qu’on leur construise autant de cimetières ?

ISBN : 978-2-919568-89-5

115 pages – 13 €

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