Maurice T. Maschino « La République des bigots »

Contrairement à ce que pensent les naïfs, l’Église catholique n’a jamais accepté la perte de son pouvoir séculier. Encouragée par les propos scandaleux de N. Sarkozy, pour qui le curé est plus apte que l’instituteur à développer le sens moral des enfants, enhardie par la complaisance des médias et le silence de la plupart des intellectuels, qui ne songent qu’à baiser la mule du pape et lécher les mocassins du président, elle s’efforce d’imposer ses valeurs et d’«ouvrir» à son avantage la laïcité. Déjà, de plus en plus de médecins refusent de pratiquer des avortements, il n’est toujours pas question de légaliser l’euthanasie, des enseignants utilisent des manuels cathos qui font d’un cours de grammaire un cours de catéchisme, des films, accusés de porter atteinte aux bonnes mœurs, ne sont pas distribués et des caricaturistes sont poursuivis en justice.
Comme le démontre ce livre, l’Église catholique n’a pas «changé», elle ne peut pas changer: dogmatique, professant des « vérités » qui, par leur absurdité, défient toute raison, s’ingéniant, en jouant des peurs et des interdits, des émotions et des peurs, à priver tout être de son intelligence et de son esprit critique, elle reste ce qu’elle a toujours été : l’adversaire de la démocratie. Car la démocratie rejette tout argument d’autorité, tout obscurantisme, tout dictat tombé du ciel, elle fonctionne selon les seules exigences de la raison et implique que chacun reste seul maître de ses choix de vie. On en est loin, dans cette France qui ne cesse de rappeler ses prétendues «racines chrétiennes», et le mot d’ordre de Voltaire – «Écraser l’infâme »– est plus que jamais d’actualité.

140×210 mm, 150 pages,
ISBN: 978-2-914980-75-13
13 €

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