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La quiche était froide d’André Faber

Par Thierry Guilabert

jeudi 9 février 2017

André Faber, La quiche était froide, Editions libertaires 2016
ISBN : 978-2-919568-80-2
179 pages – 13€

C’est dans la longue tradition des polars libertaires, de Léo Malet jusqu’aux livres de Patrick Pécherot en passant par les multiples avatars du Poulpe, que s’ancre le roman d’André Faber. C’est dire qu’on ne va pas s’ennuyer en le lisant, et qu’on ne va pas pleurer non plus malgré les paysages post-industriels et pleins de sinistrose de la Lorraine des anciens hauts-fourneaux.

Comme il se doit chez nous, pas de flics, pas même de méchants assassins, de sérial killers, non juste Dédé, le gros Dédé qui traîne ses guêtres déjà usées entre le Tabac Wiltz, le café Majestic, et la boutique de la belle Nicole, là-dedans toute une galerie de personnages aussi vrais que nature, des gueules quoi, du syndicaliste au chômeur très longue durée, pleines « de mains brûlées, de silicose et de gros rouge » dirait Lavilliers. Et Paf ! -oui l’ami Faber, aime l’onomatopée plus que de coutume- au coin de la rue de l’Usine, un bolide fauche la petite Jeanne et disparaît. Le gros Dédé mène l’enquête... sur son emblématique Vespa, suivent dans le désordre des bastons, des poursuites jusque dans les mines de fer, et des odeurs d’oignons frits ou de pommes de terre râpées…Robert Zimmermann fait ce qu’il peut car la petite Jeanne a été renversé et le chauffard a pris la fuite, avec lui, c’est toute la mémoire de la sidérurgie lorraine qui fout le camp.

André Faber qui vit en Moselle, ex ouvrier d’usine, ex dessinateur industriel possède une plume aussi acérée que précise, avec cet humour caustique qui fait son succès d’illustrateur de presse, notamment dans « Courrier international ».

En vente sur le site des Editions Libertaires et à la librairie Publico 145 rue Amelot 75011 Paris.

( Paru dans le ML n°1784- Février 2017)
Thierry Guilabert