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Jean-Marc Raynaud Meurtres exquis au Parti socialiste (2)

un polar anarcho-burlesque par Paco

vendredi 31 mars 2017, par ps

Le « Raynaud féroce » a encore frappé. Après trois polars loufoques qui avaient pour cadre la librairie du Monde libertaire, l’île d’Oléron et un congrès de la Libre pensée, Jean-Marc Raynaud plante à présent son intrigue dans les coulisses agitées du Parti socialiste...

L’action commence le 22 mars 2012 au siège parisien du Parti socialiste, le très connu 10, rue de Solférino. A 17 heures ce jour-là, François Ballande, candidat du parti à l’élection présidentielle, doit prendre la parole pour une déclaration importante.

Devant l’immeuble, militants socialistes (ex et exclus compris) et badauds se pressent. Au milieu d’eux, Olivier Aïoli, secrétaire fédéral du PS de Charente-Maritime. Les lecteurs rochelais sauront lire entre les lignes. Armé d’un mégaphone, Aïoli a fait le déplacement pour dénoncer le parachutage de Ségolène Impérial à La Rochelle pour les prochaines législatives. Aussitôt, pan !, un homme lui colle une balle de 9 millimètres dans la tête.

Panique à l’intérieur. François Ballande est plaqué au sol par l’un de ses gardes du corps dont la tête explose en plein vol. Sales affaires pour le commissaire Clovis Conil qui entre en piste ventre à terre. Que faire de tout ce cirque ? La situation exige doigté et diplomatie. Il ne s’agit pas de coffrer les trois quarts du futur gouvernement ! Toutes les huiles sont là, Martine Babry, Jack Blang, Michel Tocard, Jean-Marc Blaireau, Manuel Valse, Laurent Fafa, Arnaud Descenbourg... et même l’ancien camarade Jean-Luc Merluchon.

Le premier tueur est vite identifié et serré. Il s’agit de Phil Oxera, un garde du corps de Ségolène Impérial. L’enquête s’annonce plus compliquée pour le second tueur. Pas sûr que les témoins présents pour diverses bonnes et mauvaises raisons autour de l’immeuble soient d’un grand secours. Que valent les informations données par Karl Marx, Michel Bakounine, Louise Michel ou Nestor Makhno ? Pas plus que celles que pourraient offrir Georges Marchais, Ernesto « Che » Guevara, Corto Maltese, Louis Lecoin, Salvador Allende, Léon Trotski, Maurice Joyeux... eux aussi de passage sur le lieu des crimes.

Un peu plus tard, c’est au tour du concierge de l’immeuble, un certain Jean Jaurès, de glisser de vie à trépas en tombant d’une fenêtre. Trop c’est trop. A la demande du camarade commissaire, la fine fleur des services secrets de la Fédération anarchiste passe à l’action avec les méthodes expéditives que l’on sait. Ted Chaucre, Ed Merlieux, Pat O’Neil et Denis Saint, alias « les barons », vont mettre les bouchées doubles pour démêler l’énigme qui trouve finalement sa source dans les derniers spasmes de la Yougoslavie.

Au-delà du polar, l’auteur ne rate pas une occasion pour mettre du sel d’Oléron sur les plaies qui recouvrent l’histoire complexe du mouvement ouvrier depuis la 1ère internationale jusqu’aux péripéties qui allaient aboutir à la création du Parti socialiste via la SFIO, les radicaux, le PSA, la FGDS, le PSU... Magouilles blues ! Mais il y en a pour tout le monde. Les communistes, les écolos, les gauchistes et même « les innombrables bandes libertaires à jamais incapables de transformer l’or de leur idéal en un espoir commun » ne sont pas épargnés.

Mêlant fiction et réalité, frictions et joyeusetés, ce nouveau livre cocasse de Jean-Marc Raynaud est encore l’occasion de faire une pub appuyée pour quelques bons plans. Avis aux amateurs de grillades, d’huîtres, de mouclades, de cagouilles au Pineau, de fromages régionaux, de vin bio et de café charentais flambé au Cognac. Les partisans de la révolution sociale libertaire ne sont pas toujours d’indécrottables pessimistes à la mine triste. Quelques têtes connues autour des éditions Libertaires, du Monde libertaire, de la Fédération anarchiste et du Club du livre libertaire sont également invitées à participer à la farce qui tourne dans certaines pages à la grande foire surréaliste. Le tout est ponctué de caricatures de Jean-Charles Vincent que l’on exposerait bien sur nos murs si elles ne représentaient pas essentiellement les tronches des représentants du socialisme « à la mie de pain ».

Paco


Voir en ligne : Sur le site des Editions Libertaires